Texte poétique: Haut perchée sur un tamarinier

Haut perchée sur un tamarinier,
La raison m’abandonne,
Le présent est passé,
Le futur oublié.

Nul doute,
Nulle part,
Ailleurs.

Je scrute l’indifférence,
Minuscules pensées affriolantes…
D’égaux,
De peaux,
De maux.

Jaillissent en moi,
Besoins naissants…
De décrier,
De perler,
De récolter.

Germent en moi,
L’incandescence du soi,
L’inimaginable loi,
De la semence.

Écouter son instinct,
Un rythme bien distinct.

Le battement aérien,
Subtile, fébrile,
De croire au lendemain,
De voir l’incertain,
De choisir sa faim.

Affamée, j’avale,
L’écorce des mots,
La chair des maux,
Le silence des hélicos.

Peaux tachées,
De noir,
De rouge.

Peaux lavées,
De blancs.

Jaunissent les fruits.

Juchée sur l’ère du temps,
Éclosion de ramures,
Multitude générationnelle…

Mon grand-père,
Mon père,
Ma guerre.
GD, 22 juillet 2016